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Author Topic: The Maestro Furioso  (Read 637 times)
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« on: September 21, 2016, 06:55:00 AM »

He can't put up with stupid questions.

http://next.liberation.fr/musique/2016/09/19/ennio-morricone-maestro-furioso_1502956

Quand on rencontre Ennio Morricone, il faut savoir s’adapter. Son label, Decca, fait parvenir aux journalistes une liste de phrases à éviter et un code de bonne conduite à adopter. Par exemple, il faut appeler Ennio Morricone «maestro», il faut éviter le terme «western spaghetti», péjoratif en Italie, il ne faut pas s’appesantir sur son travail avec Sergio Leone et donc privilégier les BO qu’il vient de réaliser (qui doivent d’ailleurs êtres appelées «film musics» et non «soundtracks»), il y a un piano dans son salon mais il ne faut pas demander à Maestro Morricone d’en jouer car il ne s’en sert que pour composer, il faut éviter de lui parler de la guerre, mais aussi de sa vie privée, il faut privilégier les questions intelligentes sur son travail au détriment des questions plates sur son quotidien, etc. Une liste longue comme la filmographie du compositeur, dont la lecture couvre aisément le trajet depuis Paris jusqu’à son immeuble, non loin du forum romain.

Ennio Morricone, 87 ans, est universel - même si, à côté de nous dans l’avion, un couple vingtenaire propret lancé dans une lune de miel en Italie entend son nom pour la première fois.

Le maestro aux 500 films célèbre cette année ses soixante ans de carrière. Il en profite pour tourner dans le monde entier, à vitesse variable selon ses problèmes de hernie discale. Il a été contraint d’annuler deux dates françaises en mai, qui sont reportées à ce week-end à Paris, au Palais des congrès où, dixit l’affiche, il dirigera «200 musiciens et choristes» sur un melting-pot de ses succès. Maestro continue sur sa lancée commerciale en sortant le 11 novembre un réenregistrement, avec l’Orchestre national symphonique tchèque, de certaines de ses musiques de film pour un album sobrement intitulé 60, dont le dernier morceau est le Death Theme des Incorruptibles et sur la pochette duquel, index sur les lèvres, Maestro intime un «chut !» à son auditoire.

Ses premières incursions dans le domaine de la musique de film remontent à plus de soixante ans, au milieu des années 50, comme arrangeur ou conducteur, par exemple en 1955 sur le film les Egarés. Avant cela, Maestro Morricone avait été diplômé de l’Académie romaine de Sainte-Cécile, en trompette puis composition. Le premier film dont il ait signé la musique est Mission ultra-secrète, une comédie avec Ugo Tognazzi et Georges Wilson réalisée en 1961. Sa dernière partition ? Les Huit Salopards, le Tarantino Cluedo pour lequel il a remporté, en février, l’oscar de la meilleure musique de film.
Persiennes

Lui qui, ironie d’une carrière immense, a reçu un oscar d’honneur bien avant d’en obtenir un second pour un titre précis, pense-t-il que les récompenses sont importantes ? «Non, il ne faut pas travailler pour avoir des récompenses, mais elles font toujours plaisir, pour soi et pour son équipe», analyse le maestro assis sur un petit canapé, dans son appartement. A l’extérieur, le climat est caniculaire. A l’intérieur, les fenêtres du grand salon, celui où se trouve le piano, sont ouvertes devant des persiennes fermées. Le maestro reçoit dans une pièce attenante, une grande antichambre où travaillent deux attachées de presse et une interprète et où il fait plus frais. Le maestro est vivace. Il a des gestes saccadés et les emportements d’un jeune homme. Avec des lunettes carrées et une prédilection pour les phrases définitives. Quand on lui demande ce qui le pousse encore à avoir une vie maestro-boulot-dodo, il répond : «L’amour de la musique.» Quand on cherche à savoir quelles ont été ses influences dans le classique, il s’offusque : «J’ai étudié tous les styles de composition au conservatoire, je n’ai pas de préférence. Je les maîtrise tous, je vais piocher où j’ai envie.»

On peut grossièrement diviser la carrière du maestro en quatre temps. Le premier concerne sa musique absolue, qui n’est appliquée à aucun support. C’est par exemple un inquiétant Concerto n°1 pour orchestre (1957) ou un étonnant Concerto n°3 pour guitare et marimba (1991), voire des œuvres à caractère religieux, comme cette Messe pour le pape François, jouée en 2015. C’est aussi une forte implication dans la musique expérimentale avec le Gruppo di Improvvisazione Nuova Consonanza, que Morricone (aux flûte et trompette) rejoint dès sa création avec des acolytes comme Franco Evangelisti ou Egisto Macchi. Techniques électroacoustiques, utilisation de bandes, atonalité… le projet entend défricher la modernité sonore de l’époque et explorer certains territoires musicaux, systémiques ou non.
«Les computers»

Quand on le questionne au sujet de l’avant-garde italienne des années 60 et des liens qu’il entretenait avec elle, il répond : «Je n’ai pas été plus influencé par eux que par les autres. En tout cas, si je l’ai été, c’était à un niveau inconscient.» L’année de la création de Nuova Consonanza est aussi celle de sa première partition pour Sergio Leone. Deuxième temps, les fameux westerns spaghetti où Morricone se démarquait des orchestres hollywoodiens par les aujourd’hui ultraclassiques utilisations de chœurs masculins, de sons percussifs et de timbres rares. Les films sont souvent resserrés à des questions de territoires ou d’appartenance de troupeau, mais Morricone crée pour eux le son des grands espaces en Techniscope. Si de l’autre côté de l’Atlantique Max Steiner excellait dans l’action western et les caractérisations musicales, le pionnier du nouveau monde, l’explorateur majuscule, c’est lui, c’est Maestro. Quand on lui demande si son instrumentarium original (sifflements, harmonica, guimbardes…) était nécessaire pour colorer immédiatement une musique censée coller à une ambiance, il répond : «Non… juste ça marche, ça s’entend.»

Troisième moment, les thrillers. La sauvagerie des musiques de western est transformée en montées d’angoisse dans des œuvres comme Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon ou ses collaborations avec Verneuil ou Argento. Maestro impose des fugues déréglées, place de petits intervalles dans les basses et de plus larges dans les voix hautes, crée des sensations permanentes de déséquilibre. «Je ne l’ai pas fait sciemment, explique-t-il. Le caractère paranoïaque est venu comme ça.» Et c’est donc encore une fois venu comme ça pour la musique opératique des Huit Salopards, avec son prélude dépressif et son thème aux bois où l’on ressent crainte de la catastrophe et angoisse du moment présent.

D’ailleurs, lui qui enregistre avec orchestre symphonique et groupe resserré, que pense-t-il des bandes originales actuelles dont le cahier des charges empiète de plus en plus sur le sound design (avec bruitages, effets sonores, etc.) ? Il y a visiblement incompréhension autour du terme «sound design». Il répond : «Quoi, les computers ? Si ça marche on peut s’en servir, oui.» Maestro est énervé, il s’agite sur le canapé.
Supermarché

Dernier axe de carrière, les musiques lentes, amoureuses, que Morricone a aussi produites à la pelle (Mission, Cinema Paradiso, le Chi Mai du Professionnel via le Concerto pour hautbois d’Alessandro Marcello au début du XVIIIe - qu’on retrouve aussi dans la célèbre pub pour Royal Canin, rappelez-vous), beaucoup moins novatrices que celles des westerns ou des thrillers. Quand on entend Love Story de Francis Lai, on voit Ali MacGraw. La qualité d’un thème amoureux réside-t-elle uniquement dans la musique ou dans son adéquation avec l’image ? Morricone répond en logicien : «Si la musique est bonne, le thème est bon.» Le maestro est aussi une légende modeste. Bernard Herrmann avait le rêve de devenir chef d’orchestre, mais lui, qui a «une grande estime pour ce compositeur, ne tien[t] qu’à diriger es propres musiques» - et son rêve, «faire de la musique», est depuis longtemps réalisé.

A travers la presse italienne, Maestro est décrit comme un citoyen humble, travaillant inlassablement ses partitions, arrivant en avance au studio, faisant la queue au supermarché, etc. Il est né à Rome et vit toujours à Rome, soutient l’AS Roma selon ses collaborateurs, peut-il nous parler de cet ancrage local qui semble important pour lui ? «Mais… c’est une question de touriste ! bouillonne-t-il. Vous représentez un journal sérieux. Vous n’êtes pas venu ici pour m’entendre parler de Rome !» Quand on se lève alors et qu’on referme notre calepin, on l’entend nous dire : «Vaffanculo !» Enfin une pensée surprenante.
Guillaume Tion Envoyé spécial à Rome

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noodles_leone
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Lonesome Billy


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« Reply #1 on: September 21, 2016, 08:33:16 AM »

The incident has been commented here and there in the French media the other day. He's definitely a dick, but I don't care.

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New music video: ZOMBIE APOCALYPSE https://youtu.be/p968oyMo5B0
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« Reply #2 on: September 22, 2016, 03:14:36 PM »

Wow, thanks for the link. Completely opposite of the great, relaxed interview  that Jonathan Ross did with him:

http://www.filmscoremonthly.com/board/posts.cfm?threadID=115605&forumID=1&archive=0

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noodles_leone
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Lonesome Billy


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« Reply #3 on: September 23, 2016, 09:10:55 AM »

A French radio journalist got an interview with him a couple of years ago. He said he was surprised about how well it went: he too had heard about Morricone behaving like a dick with journalists (he apparently has a well documented history of that). Seems like you have to catch the Maestro on a good day..

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« Reply #4 on: September 23, 2016, 05:58:46 PM »

Ennio Morricone, 87 ans, est universel - même si, à côté de nous dans l’avion, un couple vingtenaire propret lancé dans une lune de miel en Italie entend son nom pour la première fois.

I think his music is more famous than his name internationally - even among younger generations. I bet if the couple had heard the song from GBU they would have recognized it.

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